Le point-virgule ou les deux
points
Prof. Seth Whidden
Le point-virgule marque une pause de moyenne durée. Il s'emploie pour séparer dans une phrase les parties dont une au moins est déjà subdivisée par la virgule, ou encore pour séparer des propositions de même nature qui ont une certaine étendue :
Le devoir du chef est de commander ; celui du subordonné, d'obéir.
Ce que nous savons, c'est une goutte d'eau ; ce que nous ignorons, c'est l'océan.
Les deux points s'emploient :
1. Pour annoncer une citation, une sentence, une maxime, un discours direct, ou parfois un discours indirect :
Montaigne dit quelque part dans ses « Essais » : « N'est rien où la force d'un cheval se connaisse mieux qu'à faire un arrêt rond et net » (A. SIEGFRIED, Savoir parler en public, p. 183).
2. Pour annoncer l'analyse, l'explication, la cause, la conséquence, la synthèse de ce qui précède :
Je finis cependant par découvrir trois documents : deux imprimés, un manuscrit (H. BOSCO, Un Rameau de la nuit, p. 112).
Ne riez pas : Molière lui-même trouverait que cette chanson-là vaut bien celle du roi Henry (A. HERMANT, Savoir parler, p. 63).
Ce ne sont pas des idées que je leur demande : leurs idées sont le plus souvent fumeuses (G. DUHAMEL, Cri des profondeurs, p. 71).
N.B. On ne fait donc pas la même distinction que celle qui existe
en anglais, concernant le genre de phrase qui suit la ponctuation (c'est-à-dire
« independent clause » après le point-virgule,
« dependent clause » après les deux points).
Adapté de Maurice Grevisse, Le bon usage. Gembloux : J. Duculot, 1975. 1420-21 (no. 2762-63).